La musique
à Metz



Quatuor Hagen
Beethoven, Webern, Ravel


Lukas Hagen, premier violon - Rainer Schmidt, second violon
Veronika Hagen, alto - Clemens Hagen, violoncelle
Concert à l'Arsenal de Metz, mardi 14 mars 2000 - Programme du concert


1ère partie
Beethoven, Quatuor n° 13 en Si bémol Majeur
1 - Grande netteté des attaques, franchise des ruptures de rythme, le tout joué avec allant et simplicité; bon son, toujours clair même dans les extrêmes.
2 - Toucher délicat à l'amorce. La propreté académique n'enlève rien du caractère dansant. C'est brillant et suave.
3 - Expressivité très marquée, presque trop, de manière un peu ostentatoire. Manque d'humour et de simplicité (ou bien l'humour est pris trop au sérieux!). Puis, une transition délicate débouchant sur un passage méditatif. Beau trait final.
4 - Beau son et belle unité de timbres. Rythme toujours aussi net, accélérations époustouflantes.
5 - Jeux d'archets pleins de douceur, modulations et transitions ciselées. C'est l'expression même du romantisme: derrière les sons, on pourrait imaginer le battement d'un cœur d'oiseau ou le courage d'une fleur qui résiste au courant du fleuve. La concentration est extrême; les quatre musiciens nous conduisent à écouter un quasi silence.
6 - Que de nerf ! C'est un déferlement d'émotions. Et toujours ce son subtil et net, ce rythme précis.


2ème partie
Webern, Cinq mouvements
1 - Expressivité très sautillante, pudique et qui ne touche jamais terre.
2 - Toujours ce son impeccable, du fortissimo au pianissimo.
3 - Ils font varier les timbres et tirent des cordes des sons inattendus.
4 - L'alto en particulier joue admirablement de la longueur de son archet. Encore ces pianissimi extrêmes, qui nous tirent de notre siège pour nous attirer au milieu des musiciens.
5 - Une intériorité, une gravité suggérées par les timbres, ce qui fait penser à Chostakovitch.
Webern, Six Bagatelles
Les mouvements sont très courts. On dirait chaque fois une phrase, avec un ou deux point - virgule. Là encore, les musiciens sont amenés à tirer des sons incroyables. Tiens, on dirait une scie musicale (en mieux !)

Ravel, Quatuor en Fa Majeur
1 - Excellente progression: le rythme est régulier, les effets sont bien mis en place.
2 - Pizzicati très hispanisants: c'est palpitant. Et toujours ces nuances aussi bien marquées qu'amenées.
3 - Perfection: il semble que plus rien ne sépare l'auditeur de la partition.
4 - Ah les fameux climax de Ravel, les voilà dans toute leur intensité !

Bruno Masala


Liens:
 - Association Lorraine des Amis de la Musique (site officiel, Mairie de Metz)

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© Bruno MASALA, mars 2000.   Motif de la marge: détail des Noces de Cana de Véronèse - Musée du Louvre