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La musique à Metz
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Bach - Telemann - Haendel
Ich habe genug - Concerto pour hautbois - Airs
Concerto Köln - Nathalie Stutzmann, contralto - Pier Luigi Fabretti, hautbois
Arsenal, Metz, 16 mars 2000 - Programme du concert
C'est joli mais on s'ennuie... Sans doute Nathalie Stutzmann se bonifie avec le temps: les ornements sont bien dosés, tendres, subtils - très intériorisés et pourtant clairement perceptibles. Mais ils ne nous emmènent nulle part! Les mots et les notes palpitent mais le coeur attend, en morne paix. Il n'y a pas d'horizon, le regard de notre âme n'est appelé nulle part, ni vers l'intérieur ni vers l'extérieur. L'interprétation de la cantate Ich habe genug m'a semblé particulièrement désincarnée. Tant d'art, tant de métier pour aboutir à la fadeur d'une musique de salon, comme s'il convenait avant tout d'éviter au public une crise cardiaque. Dans l'air de Rinaldo, je me serais bien rebiffé: rythme et phrasé éparpillaient le sens au lieu de le concentrer. Heureusement l'extrait de l'opéra Ricardo Primo (que je découvrais ce soir là) a contraint la chanteuse à sortir un peu de sa réserve. Du coup le bis (tiré de Xerxes, si je me souviens bien) a permis à ce concert de s'achever sur une note d'émotion, et de plaisir.
Le Concerto Köln, que j'entendais pour la première fois, allie brillant et simplicité. Tant la délicatesse que l'excitation baroques étaient au rendez-vous: voilà des musiciens qui donnent envie de jouer de la musique. Les volumes étaient bien maîtrisés, mettant les bois en valeur (un peu moins les cordes). L'ensemble suivait avec aisance les solistes. Le meilleur moment de la soirée fut sans doute le concerto pour hautbois de Telemann, avec Pier Luigi Fabretti: voilà un artiste qui ne boude pas son plaisir! L'interprétation avait du nerf et ne manquait ni de subtilité ni de concentration. Mon coeur chantait et sautillait.
Bruno Masala
Liens:
- Nathalie Stutzmann: le plus beau contralto du monde? (Critique de Georges Masson, in Le Républicain Lorrain, 23 mars 2000)
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