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La musique à Metz
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Bach, Ligeti, Schönberg, Messiaen
par Norbert Pétry, orgue
Norbert Pétry, orgues du Temple Neuf, Metz
8 février 2000
Bach suscite la contemplation car, dans sa musique, le temps s'écoule comme dans la nature. Le compositeur crée avec le même respect que Dieu. Et si Bach est un pieux démiurge, Norbert Pétry est son célébrant attentif. En effet, que de respect et d'intériorité dans cette façon de laisser au son le temps de remplir l'espace! Le souffle est pur, pacifié, concentré mais sans tension grâce à une juste distanciation. La régularité est constructive, le jeu privilégie la clarté au brillant.
Le Ricercare per organo de Ligeti évoque le mouvement de la vie d'une toute autre manière: il semble figurer sa persévérance, son obstination devant les désillusions. L'étude n°1 fut un moment d'effroi et d'écoute tendue. Dieu qu'il fait froid! Où est Celui qui peut nous pardonner, nous réchauffer? On pense à Dostoïevski évoquant l'humanité grouillante et individualiste d'après la mort de Dieu. On se retrouve dans un univers de science-fiction, un monde exclusivement humain, patient et inexorable. L'entrée de la basse (pédale), chaleureuse, est une note d'espoir; elle s'éteint trop vite.
Dans Schönberg, j'ai apprécié la sérénité, la paix, mais aussi l'intelligence recellée par ces filets de son.
Enfin, Messiaen était plein de subtilité: le toucher de l'organiste, délicat, savait créer l'attente. Le respect enthousiaste et studieux du compositeur pour la vie était bien rendu.
Bruno Masala
Liens:
- CNR de Metz (site officiel, Mairie de Metz)
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