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La musique à Metz
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Hommage à la musique juive
George Gerschwin - Norbert Glanzberg
Concert de la Philharmonie de Lorraine,
dir. Frédéric Chaslin - piano: Bruno Fontaine
Arsenal, Metz, 17 mars 2000 - Programme du concert
Le programme de ce soir relevait un peu du bricolage et j'ai beaucoup regretté la disparition des poèmes juifs de Bloch pour lesquels j'étais venu. Dans le concerto de Gershwin, le pianiste Bruno Fontaine s'est montré tonique, dans le style, passant d'un rythme à l'autre avec énergie et précision, mais sans être touchant ni surprenant. Peut-être la partition est-elle à l'origine de l'impression qu'on a d'écouter une collection sans vision. L'orchestre tanguait un peu, se disloquait par moments.
Dans la Création du Monde de Milhaud il y eut quelques belles alchimies sonores, notamment entre la clarinette et le trombone. Le hautbois était clair, entre épanchement et rétractation. Mais ici aussi le rythme laissait à désirer et l'orchestre ne semblait pas convaincu par le chef qui dansait pour donner l'impulsion. Chaque fois, il fallait du temps pour que tout se mette en place.
La Suite Yiddish de Norbert Glanzberg fut, quant à elle, un beau moment d'enthousiasme. La thématique subtilement tissée abolit la frontière entre raffinement et fibre populaire, notamment parce que la mémoire est sollicitée dans sa profondeur comme dans sa sensibilité. Le travail d'orchestration de Frédéric Chaslin est remarquable: sans exagération ni pédantisme, des raccourcis dignes de la musique savante (n° 5 notamment), des compositions sonores inspirées de la musique concrète (n° 6 notamment) etc. mettaient bien cette musique en valeur dans une salle de concert classique. L'orchestre a semblé s'éveiller et les attaques ont tout à coup gagné en exactitude. J'ai bien aimé le xylophone noir, le trombone basse. Même le tuba avait du nerf!
Bruno Masala
Liens:
- Philharmonie de Lorraine (site officiel, Mairie de Metz)
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