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La musique à Metz
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Richard Strauss - Joseph Haydn
Mus. pour instr. à vent - Symphonie 'Londres'
Concert de la Philharmonie de Lorraine, dir. Marc Piollet
clarinettte: Jean-Claude Madoni - basson: Emmanuel Duval
Arsenal, Metz, 30 mars 2000 - Programme du concert
1. Dans la Suite pour 13 instruments à vent de Richard Strauss, j'ai goûté la bonhomie virgilienne des phrasés et la grâce champêtre des sons. Chaque instrument avait son mot à dire, tel un animal d'une ferme de conte. La progression de l'oeuvre et la précision de la direction portaient l'attention sur les timbres. La pureté de telle clarinette, tel hautbois chaleureux, tout contribuait à rendre à l'âme sa sérénité. Richard Strauss m'a fait penser à Virgile, donc, à George Sand aussi. Le troisième mouvement de cette suite (une gavotte) était impayable. Il faisait naître des sourires de bienheureux. D'ailleurs l'atmosphère qu'il dégageait est revenue s'étendre dans le quatrième mouvement entre deux airs lyriques et sirupeux. Bavarois?
Remarque: Suite B-Dur für 13 Blasinstrumente (opus 4 - 1884) - I. Präludium Allegretto - II. Romanze Andante - III. Gavotte Allegro - IV Introduktion und Fuge Andante cantabile - Allegro con brio
2. Dans le Duo concertant du Bourgeois de Munich, la première apparition de la clarinette de Jean-Claude Madoni m'a atteint comme un appel lancé du fond de la forêt. La note semblait venir de très loin pour donner le ton à cette première partie méditative. Ensuite le basson d'Emmanuel Duval, tel un clown facétieux, est venu bousculer cette paix trop facile pour lancer un dialogue plein d'amitié. Plus tard, quand le clown est devenu triste, c'est la clarinette qui nous a fait gambader telle un trouvère enchanté.
Remarque: Duett-Concertino F-Dur für Klarinette und Fagotto mit Streichorchester und Harfe (opus 148 - 1947)
3. L'introduction de la Symphonie n. 104 annonce le romantisme de Beethoven: c'est comme si le brouillard londonien était intériorisé. Mais très vite l'ordre classique prend le pas, comme pour faire danser nos terminaisons nerveuses supérieures. Le premier mouvement fut très beau. L'orchestre a suivi Marc Piollet avec une netteté que je ne lui connaissais pas. J'ai rarement eu à résister autant pour ne pas trop regarder le chef. Durant toute l'exécution, les attaques des cordes, notamment, ont été franches et impeccables. Ah! on souhaite que ce chef revienne faire travailler la Philharmonie de Lorraine. En martelant le plancher, les musiciens l'ont contraint à prendre pour lui des applaudissements mérités.
Je regrette seulement de ne pas avoir senti la cohérence dans le 2ème mouvement: peut-être manquais-je de recul, trop près de la scène. Dans le finale, le thème de danse, inlassable, a été repris avec de subtiles variations: n'y avait-il pas des accents 'saxons' (à moins que ce ne soit 'irlandais') dans cette danse croate ?
Merci à Marc Piollet pour cette alliance de rigueur et de bonhomie dans Strauss, et pour avoir rendu toute la richesse bigarrée de la Symphonie 104.
Bruno Masala
Liens:
- Philharmonie de Lorraine (site officiel, Mairie de Metz)
- un site sur Richard Strauss
- un site sur l'oeuvre de Richard Strauss
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