Fibres du moi

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noir sur blanc
pour impression
 

Exposition de Luc-François Granier au "Curtain shop",
rue Mozart à Paris, hiver 96; autoportraits variés.


Luc-François Granier , né en 1953, Peintre ,
Expositions en Italie , en Suisse et en France .


Luc-François Granier lève le voile au "Curtain shop". "Je me défoule "; plaisir de déconstruction. Moi-écorce, moi-feuille, moi-tamis, moi-liège, L.F.Granier fait son portrait de bois, de chlorophylle, en abscisse et en ordonnée.

Ce sont les "portraits d'Otto" , autoportraits en pseudonyme d'infini. Le huit (8) couché est la mise à plat du visage quotidien.
Remettre à plus tard le choix du bon masque, brouiller les pistes en laissant résonner les fibres qui relient les mondes. Incognito et cousinages présomptifs.
L'"Otto-portrait" est dans un regard qui ne donne pas encore ce qu'il voit, mais se donne à voir: comme oeil.

Dans les pastels, le regard reprend sa place, et Otto se raconte par omission: scènes, soirées et rêveries, L.F.Granier croque les mondes.
Dans les paysages de Sienne, l'oeil se veut panoptique, la vue imprenable. Tout voir, à défaut de s'identifier à tout ce qu'on voit: le moi poind.

L'autoroman photographique est-il celui d'Otto?
L'oeil photographe fait irruption dans l'histoire d'amour, et Otto apparaît par un jeu de miroir, son visage fait interférence: le moi se nomme.
Puis l'oeil devient film et se projette dans le temps.

Enfin, remonté des profondeurs, "Otto" se retrouve et s'approprie, dans un rite de passage: l'eau de la douche redessinera les limites du moi, dans un court-métrage de PH. Koenig et S. Schulz.
L'image superpose les histoires, en contrepoint; l'intrigue-douche, l'atelier du peintre, les visages d'huile sur les murs (il pourrait y en avoir cent-vingt).
L'oeil sélectionne, mais tout compte. Il faut au spectateur un regard d'abeille pour n'oublier aucune facette, pour tout voir: car "Otto " est là, au moment où les fibres font un noeud d'histoires, d'hypothèses et de souvenirs.

olivier
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© Olivier Giroud-Fliegner, août 1998.