Fibres du moi |
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Exposition de Luc-François Granier au "Curtain shop", Luc-François Granier lève le voile au "Curtain shop". "Je me défoule "; plaisir de déconstruction. Moi-écorce, moi-feuille, moi-tamis, moi-liège, L.F.Granier fait son portrait de bois, de chlorophylle, en abscisse et en ordonnée. Ce sont les "portraits d'Otto" , autoportraits en pseudonyme d'infini. Le huit (8) couché est la mise à plat du visage quotidien. Remettre à plus tard le choix du bon masque, brouiller les pistes en laissant résonner les fibres qui relient les mondes. Incognito et cousinages présomptifs. L'"Otto-portrait" est dans un regard qui ne donne pas encore ce qu'il voit, mais se donne à voir: comme oeil. Dans les pastels, le regard reprend sa place, et Otto se raconte par omission: scènes, soirées et rêveries, L.F.Granier croque les mondes. Dans les paysages de Sienne, l'oeil se veut panoptique, la vue imprenable. Tout voir, à défaut de s'identifier à tout ce qu'on voit: le moi poind. L'autoroman photographique est-il celui d'Otto? L'oeil photographe fait irruption dans l'histoire d'amour, et Otto apparaît par un jeu de miroir, son visage fait interférence: le moi se nomme. Puis l'oeil devient film et se projette dans le temps. Enfin, remonté des profondeurs, "Otto" se retrouve et s'approprie, dans un rite de passage: l'eau de la douche redessinera les limites du moi, dans un court-métrage de PH. Koenig et S. Schulz. L'image superpose les histoires, en contrepoint; l'intrigue-douche, l'atelier du peintre, les visages d'huile sur les murs (il pourrait y en avoir cent-vingt). L'oeil sélectionne, mais tout compte. Il faut au spectateur un regard d'abeille pour n'oublier aucune facette, pour tout voir: car "Otto " est là, au moment où les fibres font un noeud d'histoires, d'hypothèses et de souvenirs. |
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